LE NOUVEAU PROJET DE RESTRUCTURATION DE LA ROUTE DE TOULOUSE A LA BARRIERE

Publié le 10 Mai 2010

 

Après un premier projet de restructuration de la route de Toulouse avorté, Monsieur Fabien Robert, accompagné d’Alain Moga, nous a présenté mi-février un nouveau projet aussitôt rejeté par les associations représentant les piétons, les handicapés et les vélos et également par Cauderes.

 

Comme au regard de la loi (voir plus loin), ce premier projet était dans l’illégalité car ils avaient « oublié » les pistes cyclables, ils ont eu l’idée géniale de les mettre sur les trottoirs avec les piétons et ceci sur le trottoir longeant le mac-drive. Dans la direction Bordeaux-Villenave d’Ornon , rien n’est prévu, les cyclistes devront circuler à leurs risques et périls comme aujourd’hui.

 

Ce projet répond à la même logique du « tout automobile » laissant quelques miettes de l’espace public pour les déplacements doux. Or, Les associations de « droits du piéton » représentant aussi les handicapés ainsi que celles défendant les intérêts des cyclistes (vélocité) rejettent ce genre d’aménagement qui par expérience est d’autant plus inconfortable pour les vélos et dangereux pour les piétons, notamment pour les malvoyants et les jeunes enfants, qu’il se fait à hauteur de commerces et qui plus est avec une piste cyclable étroite (inférieure à 1,20m).

 

De plus, ce projet traduit une méconnaissance totale du terrain :

 

Imaginez un peu la circulation des vélos sur le trottoir avec les piétons au droit de l’entrée et sortie du Mac-Drive, sur le trottoir de Speedy où le piéton est déjà obligé de se faufiler entre les voitures si non de descendre sur la chaussée. Et que dire de ce qui se pourra se passer devant la terrasse de la pizzeria et l’étal extérieur de la marchande de légumes !

Nous avons fait quelques photos édifiantes de la situation actuelle que vous pouvez retrouver sur notre blog.

 

En outre, nous avions demandé des plateaux pour sécuriser les passages piétons et notamment celui au droit du mac-drive particulièrement dangereux. Ils ont été refusés et rien n’est prévu pour sécuriser ce passage piéton si ce n’est le prolongement du « haricot »

En revanche ces plateaux sont proposés sur les rues adjacentes où pour la plupart, leur utilité est contestable.

En ce qui concerne les bus, le couloir en site propre a totalement disparu et ceux-ci vont continuer à s’engluer dans une circulation très ralentie aux heures de pointe.

 

Enfin, nous avions demandé que ce projet intègre une réflexion sur l’ensemble des déplacements dans le quartier car de nombreux riverains se sont plaints d’une circulation anarchique et inadaptée à la dimension des rues adjacentes en raison d’un report de circulation de la route de Toulouse sur ces voies. A ce titre, un collectif de riverains, las d’une situation particulièrement grave au carrefour de la rue Ladous / Bossuet / C.Mendes (5 accidents en quelques mois) et de la circulation de véhicules sur le trottoir de la rue Louis Cabié, est intervenu auprès des élus.

 

Or, ce projet n’intègre pas ces paramètres et reste uniquement cantonné à l’aménagement de cette portion de la route de Toulouse apportant une réponse très limitée aux problèmes de circulation du quartier.

 

 

CE QUE DIT LA LOI

 

 

Face à la congestion des villes et à ses conséquences négatives en matière de santé publique, les décideurs ont pris conscience de la nécessité de revoir les modèles de déplacements classiques liés au « tout automobile ». Ils prônent de nouveaux modèles favorisant le développement des déplacements « doux » (transports publics, usage du vélo et promotion de la marche à pied). Ils ont ainsi légiféré (loi sur l’air de 1996) et adopté des plans de déplacements urbains revisités par la loi S.R.U.

 

La loi sur l'air, dénommée "Laure" s'applique aux agglomérations urbaines à compter du 1er janvier 1998. Elle a été codifiée dans le code de l'environnement à l'article L. 228-2:

 

" A l'occasion de réalisations ou de rénovations de voies urbaines, à l'exception des autoroutes et des voies rapides, doivent être mises au pont des itinéraires cyclables pourvus d'aménagements sous forme de pistes, marquages au sol ou couloirs indépendants, en fonction des besoins et contraintes de la circulation. L'aménagement de ces itinéraires cyclables doit tenir compte des orientations du plan de déplacements urbains, lorsqu'il existe. »

 

Les six orientations du plan de déplacements urbains de Bordeaux :

 

-La diminution du trafic automobile,

-Le développement des transports collectifs et des modes économes et les moins polluants (marche à pied, vélo),

-L’aménagement et la gestion du réseau principal de voirie en l’affectant aux différents modes de transports,

-L’organisation du stationnement sur le domaine public, sur voirie et souterrain,

-La réduction de l’impact sur la circulation et sur l’environnement du transport et de la livraison des marchandises,

-L’encouragement pour les entreprises et les collectivités publiques à favoriser le transport de leur personnel par l’utilisation des transports en commun et du covoiturage.

 

Les résultats attendus sont :

 

-Une amélioration de la qualité de notre environnement en mettant en place un programme ambitieux en faveur des deux roues et des piétons.

-Une amélioration des performances du système des déplacements

-Une amélioration de la solidarité d’agglomération.


Les actions à initier :

 

La thématique « sécurité routière » est renforcée par la loi « solidarité et renouvellement urbains » de décembre 2000 (loi S.R.U.) qui préconise le partage modal équilibré de la voirie, les actions 4.8 et 4.9 constituant une des clés de voûte du P. D. U.

 

4.8 Ne pas affecter plus de 50% du domaine public ou privé routier aux modes motorisés (circulation, stationnement et transports en commun hors site propre) pour toute création de voie urbaine hors contrainte particulière ;

 

4.9 Envisager pour toute voie nouvelle ou toute voie réaménagée des règles de partage physique de l’espace attribué à chacun des modes de déplacement (vélos, piétons, voitures) dans la limite de la règle précédente (50-50) si les contraintes le permettent et les conflits d’usage le nécessitent.

 

Article paru dans le journal Cauderes n° 21 

 

Rédigé par Association Cauderes

Publié dans #Environnement

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