EDITO de la Gazette 31 : De la folie des grandeurs....

Publié le 8 Février 2017

EDITO : De la folie des grandeurs....

 

De la grande région à la grande métropole, de trains à grande vitesse aux grands ponts, du grand stade à la cité mondiale du vin, de grands gestes architecturaux aux grands ensembles...nous voici entraînés dans le tourbillon du toujours plus grand, toujours plus fort, toujours plus audacieux, toujours plus innovant...dans une quête sans fin du XXL....car il en va de la grandeur de la ville, de la région ...voire même de la France ! Cocorico !

Finis les doux rêveurs, les partisans du « small is beautiful », du slow food, du ralentir, les mesurés, les pondérés, les cool, les babas...il nous faut accélérer, mettre les bouchées doubles, retrousser nos manches, rester branchés toujours et partout, s'afficher à coups de selfies, liker, pousser du coude, hausser le ton...pour simplement pouvoir exister et trouver notre place dans ce monde hyper-connecté et mondialisé.

Et pourtant, combien de démiurges ou de simples mortels se sont brûlé les ailes à vouloir voler toujours plus haut, toujours plus loin ?

Du burn out à la mise au placard vers la porte de sortie, du tout crédit à l'insolvabilité, du podium au banc de touche, du bain de foule à l'indifférence et de l'empathie à la solitude ...

Récemment, à vouloir atteindre la fonction suprême, à (re)devenir un grand(e) président(e), des politiques à l'expérience avérée, au cuir endurci ont connu une chute vertigineuse; et dans leurs discours de retrait, émus, la larme au coin de l'œil, ils (elles) nous sont apparu(e)s plus sympathiques...redevenu(e)s tout simplement humains.

Prêts à se pencher sur nos vies dans nos quartiers ?

Car dans nos espaces sans jardins partagés, sans crèches ni écoles de proximité, sur nos vélos roulant dans le caniveau, dans nos bus encalminés, nos cheminements encombrés et nos bagnoles embouteillées, n'avons-nous pas l'air bien petits ? Certes, nous avons aussi nos grandeurs: une grande pénétrante, de grands boulevards, de grandes constructions, de grandes circulations et de grandes pollutions mais il y a des grandeurs dont on se passerait bien....

Alors, ce n'est pas une « grande » année que l'on désire vous souhaiter mais simplement une « belle » année 2017.

 

Rédigé par Association Cauderes

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